La BaZooKa

Etienne Cuppens

 

Né en 1963 au Havre. Enfant, il développe un goût prononcé pour la fantasmagorie, les mises en scène de théâtre à l’école et adore résoudre les enjeux de scénarios avant la fin des films. Les jeux de miroirs sont aussi un endroit de fascination. Il suit une formation musicale classique assez douloureuse mais qui lui permet de partir en déplacement à l’étranger avec l’orchestre d’harmonie junior de la ville du Havre. Après avoir assisté adolescent à des répétitions de pièces de théâtre professionnelles où la part d’artisanat semble être un endroit d’invention des plus réjouissants, il décide de devenir technicien de spectacle. Il refuse un poste de machiniste pour suivre une formation de régisseur son de théâtre. À la suite de cet apprentissage, il travaille aux Tréteaux de France, à l’Opéra National de Paris puis à la Maison de la Culture du Havre. Au sein de cette structure, il se forme à la prise de son (de studio et de cinéma), à la création de bandes son, à la réalisation et au montage audiovisuel. Il y rencontre l’univers de beaucoup d’artistes et de gens passionnés. Il collabore principalement avec Jean-Paul Buisson, musicien et ingénieur du son et devient grâce à lui concepteur sonore pour le spectacle vivant et le cinéma. Avec lui, il travaille pour Raoul Ruiz, Isabelle Dubouloz, Pierre Doussaint, Philippe Van de Walle et Thierry Langlois. Puis de façon autonome pour Yvan Duruz, Alain Millianti, Hervé Robbe, François Raffinot, Sarah Crépin, Emmanuelle Vo-Dinh, Aude Vermeil, Arnaud Troalic... Avec Sarah Crépin, il fonde La BaZooKa en 2002 et devient le metteur en scène des spectacles de la compagnie. Il y réalise aussi les environnements sonores, conçoit les dispositifs scénographiques et propose des pistes d’explorations chorégraphiques.

 

Sarah Crépin

Née en 1973 à Toulouse, elle passe une bonne partie de son enfance à s’inventer des personnages et se passionne pour les kaléidoscopes. Dès l’âge de 9 ans, elle étudie la danse classique et contemporaine au conservatoire de Grenoble. À l’issue d’un DUT en communication, elle assiste Charles Picq au sein du département vidéo de la Maison de la Danse de Lyon pour son travail sur les Carnets Bagouet et la préfiguration de Numéridanse. En 1993, elle passe une année d’études au CNDC d’Angers et poursuit sa formation auprès de sa sœur, la chorégraphe Myriam Naisy en Allemagne. En 1995, elle est engagée par François Raffinot alors directeur du Centre Chorégraphique National du Havre. Elle mûrit en tant qu’interprète et s’enrichit des nombreuses expériences de créations et de tournées à l’étranger... Au sein du CCN du Havre, elle rencontre Étienne Cuppens et entame avec lui un premier travail personnel. En 1998, elle prend part à plusieurs créations pour Joanne Leighton à Bruxelles, Anja Hempel en France et en Allemagne puis pour Myriam Naisy à Toulouse. En 2000, elle crée Fulgure, pièce chorégraphique pour sept interprètes avec Denis Lavant et Étienne Cuppens, présentée au festival Faits d’Hiver. A partir de 2001, elle prend part à tous les projets d’Hervé Robbe, qu’ils soient pour le plateau, la vidéo ou sous forme d’installations. Elle est aussi interprète pour des créations de Xavier Lot, Fabrice Lambert et Razerka Ben Sadia-Lavant. En 2002, elle crée La BaZooKa avec Étienne Cuppens afin de produire des pièces qui font écho à leur imaginaire et d’affirmer une danse sauvage et fougueuse mais aussi un goût pour l’absurde. La BaZooKa devient leur terrain de jeux et d’expérimentation. Depuis 2008, l’activité croissante de la compagnie impose à Sarah Crépin de se consacrer pleinement au développement artistique de La BaZooKa.

 

 

La BaZooKa est née en 2002, au Havre, de l’association de Sarah Crépin et Étienne Cuppens. Ensemble, ils conjuguent leurs imaginaires respectifs pour créer des projets à caractère chorégraphique : des spectacles et des installations plastiques. Leur fascination commune pour les effets d’optique les amène à inventer des dispositifs qui redistribuent la place du spectateur. Celui-ci se retrouve dans des situations inédites, son regard est sollicité d’une manière active et ludique. Cette préoccupation pour générer un échange avec « celui qui reçoit » est également au cœur des installations plastiques qui invitent le visiteur à s’emparer des propositions pour les faire évoluer. Ils puisent dans leurs souvenirs d’enfance, réels ou fantasmés, pour inventer des personnages qui résonnent avec l’inconscient collectif et auxquels la danse donne de multiples dimensions. La confrontation est au cœur du processus de création. Leur différence de parcours, de formation artistique, de références culturelles, d’attachement, ouvre un espace de travail dans une complémentarité et un déplacement réciproque où " le chorégraphique ", bien que dominant n’est pas le vecteur exclusif. La danse devient une matière à confronter à d’autres éléments pour nourrir une entité plus large : le spectacle. L’attirance pour l’abstraction d’un côté et un goût pour la dramaturgie de l’autre s’additionnent et engendrent un rapport double à l’écriture. L’enjeu réside dans le dialogue entre ces deux axes pour atteindre un point d’équilibre. Au plateau ou en studio, c’est en utilisant la "libre association d’idées" qu’ils travaillent. Ainsi, ils peuvent entrechoquer des éléments qui n’ont à priori rien à faire ensemble mais dont l’assemblage devient source de sens et d’émotion. Ce procédé débride l’imaginaire, élargit le champ des possibles et permet aux spectateurs adultes ainsi qu'aux enfants d'avoir le choix entre plusieurs lectures. Cette liberté d'offrir différentes hypothèses de sens est fondamentalement revendiquée par La BaZooKa. Faire confiance à la sensibilité, s’adresser à l’imaginaire, à la capacité d’abstraction, de réception et d'invention nourrit l’écriture. C’est particulièrement nécessaire dans les réalisations « jeune public » que La BaZooKa produit avec affection, là où il faut trouver le ton et le tempo juste, face à des spectateurs intraitables. Il importe alors que ces spectacles soient l’objet d’un dialogue entre l’adulte accompagnant et l’enfant afin qu’ils puissent additionner leurs visions.

Enfin, la compagnie, dans sa démarche artistique revendique les directions suivantes :

Naviguer entre fiction et abstraction.

 

Utiliser des figures comme autant de personnages à suivre.

 

Provoquer l’imaginaire du spectateur.

 

Osciller entre le visible et l’invisible.

 

Questionner les effets de communauté.

 

Rechercher la légèreté...