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Cette nouvelle création qui va chercher, telle une archéologue, des échantillons de mémoire collective et des souvenirs personnels sera pour notre travail un rendez-vous. Il est émouvant de voir qu’un souvenir intime, une fois ravivé devant plusieurs personnes, devient une sorte de ciment émotionnel pour le groupe. La danse, la musique, les goûts, les mots ne sont que mémoire et n’ont de sens que si nous vivons avec le sentiment d’une humanité éternelle. Hors, il paraît évident que tout cela prend dorénavant un tournant un peu plus incertain. Alors, il nous semble qu’il est temps de raconter le vivant. De nous étonner des lâchetés autant que des moments de bravoure. Des rires que des larmes. Nous allons danser comme nous avons dansé dans nos souvenirs. Nous allons chanter aussi de la même façon et nous allons raconter des histoires. Des histoires vraies. Nous allons nous rappeler les victoires, les mariages, les enterrements, les couchers de soleil, les anniversaires, les crèches de Noël, les accidents, les superstitions et les hasards. Les naissances…Ce qui est intéressant quand on essaye de se rappeler c’est que c’est un peu flou. Donc on tricote quelque chose qui devient vrai même si ce n’est pas ce qu’on a réellement vécu. Ce nouveau souvenir fait de réappropriations devient un socle rassurant et stimulant pour un nouveau départ. Une projection vers un avenir fait de fantasmes mais surtout de désirs.

Par ailleurs, nous allons nous inspirer des principes du roman graphique américain Here (Ici en version française) de Richard McGuire (2014) et du film A Ghost Story de David Lowery (2017). Ces deux œuvres ont en commun de se focaliser sur un lieu unique et d’en faire surgir des bribes de son passé, son présent et son futur sans nécessairement utiliser une chronologie linéaire. En fonction des époques, cet endroit peut être vierge de la présence humaine, habité, traversé, dévasté. Il est le théâtre de l’évolution du sauvage, de la vie, des libertés à travers des “événements” intimes ou collectifs.

Pour La BaZooKa, il s’agira d’inventer les multiples identités d’un terrain (de jeu) qui au fil des siècles a pu devenir une clairière paradisiaque, un désert, un camping, un champ de bataille... Un endroit pour y accomplir aussi bien des rencontres amoureuses que des rituels mystiques. Un lieu vivant avec son lot d’événements funestes ou heureux. Les moments de vie se révéleront principalement par l’action des interprètes. Ils seront au service d’un scénario précis, de fictions écrites qui s’entrechoquent, se répondent et se multiplient. Le son, la lumière et la scénographie participeront pleinement à la richesse des actions. Ces médias pourront aussi avoir leur propre autonomie surtout s’il n’y a pas d’interprètes sur scène. Les époques différentes pourront s’additionner pour se confronter, dialoguer dans un même temps de plateau, convoquant ainsi anachronisme, contrepoint ou formes chorales.

A travers ce voyage temporel le principal désir est de composer un portrait ludique et sensible de notre humanité. Tenter d’apporter à notre époque tourmentée une once de relativité par le bouillonnement du vivant qui peut surgir de la présence des hommes et des femmes. Mais aussi grâce à leur absence…

Conception & Réalisation La BaZooKa (Etienne Cuppens & Sarah Crépin)


Interprétation avec Alek Boff, Claire Laureau, Laure Mathis, Maï Ogawa, Nadir Louatib, Nicolas Chaigneau, Sarah Crépin, Taya Skorokhodova & Théo Aucremanne.

Lumières Laurence Halloy

Production & diffusion Emilie Podevin

Administration Diane Ribouillard

 

Production La BaZooKa


Coproductions  Le Volcan - Scène Nationale du Havre, Dieppe Scène Nationale, Le Phare – Centre Chorégraphique National du Havre–Normandie direction Emmanuelle Vo-Dinh (accueil Studio 2021), 2 Angles - Relais Culturel Régional de Flers

Soutien Théâtre des Bains Douches - Le Havre, Le Siroco, Saint Romain-de-Colbosc

Première le 22 février 2022 au Volcan - Scène Nationale du Havre

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