Queen Kong

REVUE DE PRESSE

 

« Le plateau est nu ou presque. Rien, sinon un tas de bûches. Et trois jeunes femmes, seules sur scène, face au public. Très vite, l’étrangeté première de ces silhouettes entraperçues laisse place à une folie aussi douce qu’inattendue dans les premiers instants de la représentation de Queen Kong. Des riffs de guitare des Cramps ou de Captain Beefheart au bel canto de Cecilia Bartoli ou Luciano Pavarotti, les trois interprètes ont l’énergie communicative. A sa manière, Queen Kong séduit par la force d’une interprétation enlevée qui saute au visage de spectateurs qui, sans doute, s’attendaient à tout sauf à cela. En profondeur, le spectacle est aussi l’espace d’expression d’un féminisme joyeux, où l’on danse la liberté et l’indépendance de la femme.  La BaZooKa propose une danse parfois animale, toujours primale, une danse qui vient des tripes et qui saisit son auditoire. Un petit brûlot réjouissant. Pour le jeune public et pas seulement. »

Cyrille Planson in La Scène

 

 

"Un bleu nimbé. Un tas de bûches. Des pépiements d’oiseaux. Puis les voilà, les trois Queen. Elles entament une ronde, et nous entrainent immédiatement à leur suite. Elles jouent, elles dansent, elles sautent. Les sifflements font place à des riffs des plus rocks.  Sous l’emprise de quelque élixir mystérieux, les trois grâces composent et décomposent leur ronde. Elle chantent aussi, sons gutturaux et rauques, chants indiens et vaudou. Elle jouent à tout, à rien : à se faire peur, à se poursuivre, à chasser. Elles tombent aussi, atteintes par d’invisibles flèches. Puis se relèvent, poursuivent leur ronde incessante. Imaginez “Les trois Grâces” de Raphaël sous ecstasy ou “La danse” de Matisse se mettre subitement en  mouvement, façon Monty Python. Imaginez que  "Twin Peaks" est le décor.  Vous ressentez une grande joie et une grande liberté ? Et bien vous êtes chez les “Queen Kong”. Oui, à la fin vous l’êtes devenu un peu aussi, une Queen, une Kong. Oui, si vous sortez du théâtre en criant, en sautant, vous l’êtes! Bien sûr, vous ne le ferez pas. Pourquoi ? Parce que vous l’avez déjà fait. Vous avez eu des rêves de hache. Vous avez crié. Vous avez dansé. Vous avez consolé. Vous êtes tombé. Vous avez planté des clous, et scié du bois. Vous avez porté des bûches hurlantes en vous demandant quoi en faire. Vous êtes des Queen. Vivent les Queen! Kong."

Bénédicte Lerat in seinechroniques.fr

 

 

"Bienvenue dans un monde fantasmagorique, celui de "Queen Kong" de La Bazooka, donné hier  et à nouveau présenté ce soir,  au Théâtre. Entrez dans la ronde! De l'énergie et de l'enthousiasme, le spectacle bénéficie aussi d'une bande son originale et surprenante. Sur scène, les trois danseuses (Sarah Crépin, Léa Scher et Taya Skorokhodova) crient, chantent, râlent, jouent à se poursuivre, à se faire peur dans un univers peuplé d'étranges créatures. Voici alors un géant feuillu, un "monstre" édredon, une bûche qui pleure comme un bébé... et un spectacle joyeux et sans temps mort."

Julie Poulet-Sevestre in La République du centre

 

"Au début, on croirait presque à des "Claudettes" gentillettes. Mais bien vite, on leur trouve une toute autre trempe, taillée à vif dans de l’énergie rock. A quoi s’occupent donc ces trois bûcheronnes, assez sauvages, au bord de s’entre-tuer (pour ressusciter de plus belle), bien embêtées par des bûches qui hurlent leur malheur d’être sectionnées ?

Queen Kong dérive ainsi vers le fantastique. Et pour ce faire, les danseuses recourent à une vaste palette. Les souffles, les cris, les râles, font partie de leur panoplie chorégraphique. On ne danse pas qu’avec des jolis gestes. La voix elle-même ne procède-t-elle pas d’un mouvement du corps tout entier ? Nous voici sur la piste de ce conte déjanté.

Le titre Queen Kong nous le suggère : quelque chose déborde, quelque chose d’énorme, dans cette pièce qui défie librement les bonnes manières. L’art scénique n’est autre chose que celui des métamorphoses. D’étranges personnages géants apparaissent, des monstres peut-être, mais qu’on pourrait adorer, à jouer à se faire peur. Ils surgissent, enrubannés, feuillus, rebondis, depuis les rangs même des danseuses, toujours en trio. Car enfin, on aimerait que la source de nos peurs vienne toujours d’un ailleurs, et qu’elle s’incarne dans l’autre. Mais ça ne marche pas comme ça.

La source est en nous, nous fabriquons nos monstres. On ne peut les comprendre que détachés sur le fond de nos propres croyances, projections et idées.

Les monstres sont de proches voisins, que nous enfantons. Il est heureux que l’art de la danse, aux confins des idées et des actes, de l’image de soi et ses transformations, de l’intériorité et de son enveloppe, ménage toutes les transitions  pour activer de telles choses en plein cœur du plateau. Et en plus, ça n’est surtout pas triste !"

 Gérard Mayen in Feuille de Salle / Théâtre d'Orléans

 

 

"Dans Queen Kong, une créature de la forêt, un bibendum au féminin et les trois reines Kong se déchaînent dans une ambiance rock survoltée. Ce petit monde chante, court, danse, scie des bûches, plante la hache, tape les clous. Il y a de la folie, il y a de la joie, depuis que le prince n’est plus là ! Un spectacle pour toutes et tous à partir de sept ans, où la danse défie les interdits avec une énergie délirante et communicative."

Renan Benyamina in heteroclite.org